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Les bateaux emblématiques du Golfe du Morbihan


Le sinago



Photo : Pierrick Le Cunff


L’origine du Sinago remonte, sans doute, aux Vénètes. Ce peuple de marins, dont la capitale Dariorigum se situait près de Locmariaquer(?), occupait les rives du Golfe où il avait édifié plusieurs villages dont Séné.


Robustes navires à entendre César, que les navires des Vénètes : 


« Ils sont tout entiers de chêne, écrivait-il. Les bancs, faits de poutres d’un pied d’épaisseur, sont fixés par des clous en fer de la grosseur d’un pouce, des peaux molles et amincies leur servent de cordage. Ils ont le fond large, les planches ne sont pas exactement jointes, mais y sont laissés des interstices remplis de mousse de mer afin que le bois ne se dessèche pas. »


Tenant assez bien la mer, ils permirent aux Vénètes d’assurer le trafic maritime de l’étain, par cabotage, entre la Grande Bretagne et la péninsule ibérique. Vaincus par César en 56 av JC, leur civilisation fut remplacée par la gallo-romaine mais leur bateau resta, c’est l’ancêtre du « Sinago ».


Le bateau de Séné,  le sinago  moderne, né vers le milieu du XIXe, est un navire de travail robuste, pointu des deux « bouts », large au «milieu » et ne portant qu’une seule voile quadrangulaire amurant sur le côté.


Quelques années plus tard le gréement type « chaloupe » est adopté par les constructeurs. Une voile d’avant ou misaine, une grande voile ou taillevent, toutes deux rectangulaires1, sont amurées dans l’axe. Hissées, elles conservent une position horizontale grâce aux vergues flexibles de pin ou de châtaignier sur lesquelles elles sont maintenues par des herseaux2.


D’une longueur et d’un tirant d’eau modérés, respectivement de l’ordre de 6m et de moins d’ 1m, ils étaient adaptés à la pêche dans le Golfe du Morbihan.

Toute l’année ils pêchaient à la drague les huîtres plates sauvages et les « chevrettes ».


Mais les ressources du Golfe surexploitées, déjà, les sinagots durent aller travailler à l’extérieur, en baie de Quiberon, pour traquer le poisson plat au chalut à perche, poser des casiers et draguer les huîtres plates.


Il fallut adapter les bateaux aux nouvelles conditions de mer, le « sinago nouveau » s’annonçait.


En 1919 le « Cours Après »3 de Joseph Le Blohic est lancé au chantier Querrien du Bono. C’est une nouvelle génération de bateau qui vient de naître.

Plus grand, des extrémités plus fines, un bouchain plus prononcé, un franc-bord plus important, une quête d’étambot4 très marquée, des voiles transfilées sur des vergues apiquées, un foc, il peut remonter au vent et affronter la houle.


La patte du charpentier du Forban s’est faite sentir !


Des différents charpentiers retenons Julien Martin à Séné, né en 1846, grand constructeur de sinagos, il sera le maître d’œuvre de l’évolution de ce type de bateau. Le chantier Yves Querrien du Bono lui donnera son aspect actuel.


Patern Le Franc fait construire en 1943, au chantier Querrien, Les Trois Frères. 10,50 m de long, 1,50 m de tirant d’eau, c’est un bateau très rapide qui s’illustra dans de nombreuses régates.


Classé monument historique, propriété de l’association des Amis du Sinago, il sillonne les eaux du Golfe et en remontre à bon nombre de bateaux  «modernes »…




On a compté jusqu’à 200 sinagos, la motorisation mit un terme à leur carrière dans les années 1950.



Les Trois Frères, le Joli Vent, le Mab er Guip, le Crialeïs, le Jean et Jeanne5 et Ma Préférée composent la flottille des sinagos.




Les Trois Frères



Les cinq premiers sont des habitués du Golfe, vous les croiserez sûrement.


Un autre sinago, destiné à la plaisance, a été construit en 1954 au chantier Orgebin à La Trinité sur Mer. Gréé différemment du sinago de travail, il possède deux mâts, dont un d’artimon et d’un bout-dehors pouvant supporter deux focs.

Rapatrié sur le Golfe, en 2008, par son nouveau propriétaire il a subi une cure de santé au chantier du Lindin en Sarzeau avant de retrouver cette petite mer qu’il avait quittée depuis de si nombreuses années.


Si vous croisez le Gwened n’omettez pas de le saluer !











Le « Jean & Jeanne» et ses vergues horizontales…



et ses grands frères aux voiles apiquées.




Mab Er Guip




Criaélis







Rodage de voiles avant teinture…





Pendant la semaine du Golfe 2011




Photo : Pierrick Le Cunff




Photo : Pierrick Le Cunff





Photo : Pierrick Le Cunff


Le Jean et Jeanne à « 30 nœuds » dans la baie de Kerdélan…


« Ma Préférée » et ses voiles « bleues »…

Photo : Véronique Clément

1 À partir des années 1910 les voiles rectangulaires sont retaillées, un triangle de toile est rajouté de façon à « apiquer » les vergues.

2 Boucles de cordage.

3 Car il est le plus rapide en régate ou c’est pour faire la « nique » aux gabelous et gardes-pêche ?

4 Pièce de construction qui, prolongeant la quille, s’élève à l’arrière du bateau et porte le gouvernail.

5 Le Crialeïs, le Mab er Guipp et le Jean et Jeanne ont tous trois été construits au chantier du Guipp.

Jack.lecunff@orange.fr Octobre 2011

/home/aumaboul/www/data/pages/fr/sinago.txt · Dernière modification: 2018/05/19 15:38 (modification externe)

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