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Pourquoi voyons des bernaches sur le Golfe

Le Golfe du Morbihan

Pourquoi, dès l’automne, voyons-nous des bernaches1 sur le Golfe du Morbihan?


Toute histoire doit commencer par « il était une fois », sinon ce n’est pas une vraie histoire, alors…


Il était une fois, une immense forêt en Bretagne, la forêt de Brocéliande. Des arbres superbes par milliers, des étangs, voire des lacs, de nombreux ruisseaux près desquels, en été, se prélassaient lutins, fées et autres hôtes de ces bois. À l’automne c’était un véritable embrasement tant ces arbres, s’empourpraient de vives couleurs.


Tout un monde vivait en harmonie. Dès l’aube Viviane et Merlin bercés par le chant des oiseaux déjeunaient, sereins, sous la futaie près de leur palais de granit rose. Seuls les grommellements des sangliers ou les brames  des cerfs troublaient la quiétude de cette forêt enchantée.


Mais, non loin de là, des hommes, las de se déplacer pour se nourrir, décidèrent de construire une ville. Ils choisirent de se fixer sur les berges d’Ar Velen2, une rivière très calme, et s’attaquèrent à l’édification de Roazon3.


À cette époque les constructions étaient soit totalement en bois, soit à ossature bois, déjà !  Seul l’âtre était en bon granit de chez nous.


Comme les magnifiques arbres de la forêt de Brocéliande étaient à portée de main il n’y avait qu’un pas à franchir, et il le fut rapidement. Les hommes se transformèrent en bûcherons et la hache sacrilège de l’homme profana cette forêt enchanteresse.


Viviane et Merlin décidèrent alors de quitter, à tout jamais, ce monde devenu trop bruyant et se réfugièrent dans leur palais de cristal au fond d’un des étangs. Les fées perturbées, elles aussi, décidèrent de quitter ce lieu autrefois enchanteur.


Sous la conduite de leur Reine, elles se rassemblèrent sur les cimes des chênes séculaires et décidèrent de mettre le cap vers le nord, vers ces pays de toundra, là où les arbres sont si petits et si rabougris qu’ils n’attisent pas la convoitise des hommes.


Comme un essaim, les larmes aux yeux, elles quittèrent leur chère forêt.



La Reine des fées


Passant au-dessus du Bro Gwened, aujourd’hui Pays de Vannes, elles éclatèrent en sanglots et versèrent tant et tant de larmes qu’elles emplirent la gigantesque cuvette qu’elles survolaient.


Ainsi naquit le Golfe du Morbihan !


Admirant leur création et voulant rompre l’uniformité de cette immense surface elles y jetèrent leurs couronnes de fleurs, lesquelles donnèrent le jour aux trois cent soixante-cinq îles qui enchantent le regard du promeneur.


Trois couronnes, portées par les courants, s'aventurèrent jusqu'à l'Océan. Deux d’entre elles donnèrent naissance à Houat et Hoëdic. La troisième la plus belle, celle de la Reine, s’égara plus au large ; Belle-île la bien nommée était née. 


Après avoir séché leurs larmes au coin d’un petit cumulus blanc esseulé au cœur de l’azur, elles reprirent leur vol.


Le voyage fut long et semé d’embûches. Les rescapées atteignirent leur terre promise, tout là-bas, dans le nord de l’Europe.


Quel changement !


Les arbres étaient petits, le sol était jonché de lichens et de mousses mais l’eau et l’air, quand il faisait beau, étaient d’une pureté cristalline. L’été les mouches noires et les moustiques pullulaient et l’hiver il faisait froid, très froid, mais le peuple des fées y vécut heureux.


Comme il y avait des « papas fé(e)s» et des « mamans fées », ils eurent beaucoup d’enfants et leurs enfants beaucoup, beaucoup d’enfants et…


Mais nostalgie oblige elles ne cessaient de penser à ce Golfe qui leur était si cher. Et, puisqu’il fait si froid en hiver, pourquoi ne pas aller au soleil retrouver des températures plus clémentes4?

D’un commun accord elles décidèrent de venir le passer chez nous, en Morbihan, sur le Golfe tout particulièrement.


Mais se déplacer en robe de fée, avec couronne et autres bouquets ce n’est pas facile.

C’est alors que l’une d’entre elles dit : 


« Et si nous enfilions des combinaisons de bernaches, ce serait plus confortable, plus efficace et nous gagnerions beaucoup en temps de vol ! »


Aussitôt dit, aussitôt fait !


Et c’est ainsi que tous les ans, à l’automne, elles « descendent » retrouver cette petite mer qu’elles aiment tant.


Elles se regroupent par milliers sur les berges de notre Golfe et apprécient tout particulièrement l’estran où elles peuvent brouter leurs chères zostères5.


Quand vous vous promènerez, prêtez l’oreille, vous entendrez alors les grands-mères bernaches-fées cacarder à leurs petits enfants la belle histoire de la création du Golfe du Morbihan !


Photo Didier Collin - www.oiseaux.net

Bernache cravant


1 Il s’agit de la bernache cravant.

2 La Jaune, car en période de crue la couleur de ses eaux devenait « jaune foncé ». Bêtement francisé en « La Vilaine » !

3 Rennes

4 De nos jours nombre de personnes vont bien passer l’hiver aux Antilles, au Maroc, en Tunisie…, alors !

5 Plantes à feuilles allongées qui forment des prairies sous marines dont certaines se découvrent à marée basse.

Jack Le Cunff –Arradon décembre 2011

/home/aumaboul/www/data/pages/fr/noel.txt · Dernière modification: 2018/05/19 15:38 (modification externe)

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