Dieses Dokuwiki verwendet ein von Anymorphic Webdesign erstelltes Thema.

Le Golfe duMorbihan

Eh ! Vous, les navigateurs, avez-vous remarqué à la sortie du goulet de Conleau cette petite tache blanche à l’extrémité ouest de Boëdig ?

C’est…

 Le Moine !

« Doublant le « Moine », sans respirer1, d’un coup de blanc tu le salueras!

Bon vent, belle mer et bon courant, te porteront alors assurément. »

Allez, hop ! Respectons la prière au Moine…En avant toute pour un coup de  «fort», de rouge ou de muscadet sinon, votre sortie risque d’ être fortement perturbée. La pétole ou un fort coup de vent vous guettera passé Roguédas, ça ne mordra pas, le moteur toussera, pendant votre sieste les dorades royales rongeront la coque de votre bateau et, affreux, le « rouge » aura goût de « coca » … Que des emmerdes, quoi!

Il se raconte, qu’il, Le Moine2, fut sculpté par des ouvriers employés sur le chantier de la Mairie de Vannes fin XIXe.

Mais chut !!! Il se murmure aussi, que c’est un prisonnier allemand, employé à des tâches agricoles sur l’île, durant la guerre 14-18, qui aurait joué du burin, si ,si… Mais d’aucuns affirment péremptoirement, que balivernes que tout ceci, c’est un soldat de la Wehrmacht, prisonnier sur l’île à la fin de la guerre 40-45, qui… Alors?

Qu’importe il fait partie du paysage !

Revenons à notre « homme », gardien du Goulet de Conleau ou vigile de Boëdig…


D’après Jean Richard, sinagot, pêcheur et fin connaisseur de l’histoire locale, l’origine du Moine serait lié à une amitié entre un entrepreneur et le président de la SRV de l’époque (1860), écoutons le :


« L’entrepreneur Jean-Marie Normand, retenu pour la construction de la nouvelle préfecture, avait parmi ses amis, le président des Régates de Vannes. Ils naviguaient beaucoup ensemble. En croisant devant l’île de Boëdig, ils avaient repéré ce rocher qui leur semblait destiné à être sculpté… »


De l’idée à la réalisation il n’y a que l’épaisseur d’un burin !


Monsieur Amossé, sculpteur, œuvrant sur la préfecture, passe à l’acte et Hildebrand peintre-photographe parachève l’œuvre.


Une naissance ça s’arrose ! Une grande fête, où force vin blanc rafraîchit les gosiers, se déroula sur l’île d’Arz.

Qui dit baptême dit parrain ! Un certain Antoine Dérémy assuma, au débotté, la lourde charge et son filleul hérita du surnom de Saint Antoine…


Bien que sculpté dans le granite notre moine n’eut pas une vie de tout repos…Deux fois, fatigué par ses longues veilles solitaires, il se coucha au fond de l’eau ! Mais les hommes, sans pitié, ne l’entendaient pas ainsi et, sans tenir compte de sa grande lassitude, ils le relevèrent.


Une première fois, en 1948, Maurice Méchin, dit l’Amiral, grainetier bien connu sur la place de Vannes, organisa le rétablissement du dit « saint » dans ses fonctions. Mais mal scellé ou victime d’un tremblement de terre, de faible amplitude, dit-on, mais tremblement quand même, ayant son épicentre sur l’Île aux Moines, il rechuta en 1956.


Il fallut attendre septembre 1959, pour qu’une équipe de neuf solides gaillards, profitant d’une bonne marée, le remit en place.


Et depuis, imperturbable il poursuit sa veille.


Les nuits d’hiver sont longues !

Parfois, un sinagot errant le salue d’une bonne rasade, ce qui réchauffe son vieux cœur de pierre.

Mais en été…

« En été, que la vie est belle ! Je suis salué si souvent que j’en suis grisé… », soupire, un peu gêné, le bon moine souriant sous son blanc capuchon.


Au fait, pourquoi « Le Moine » ?

1 « Cul sec », pour les initiés !!!

2 Le rocher sur lequel il est sculpté s’appelait autrefois le « bigorneau ».

Arradon novembre 2011 Jack Le Cunff

/home/aumaboul/www/data/pages/fr/moine.txt · Dernière modification: 2018/05/19 15:38 (modification externe)

Utilise DokuWiki | Validation HTML | Validation CSS | Recent changes RSS feed | A propos du site | Mentions légales