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Les courants du golfe

par Jack Le Cunff

 

Protégé de la circulation océanique générale par le tombolo de Quiberon, la chaussée du Béniguet, Houat et Hoëdic, qui cassent les grandes houles du large, le Golfe n’est soumis qu’aux courants de marée.

 

Deux fois par jour le flot[1] pénètre à l’intérieur du Golfe par le goulet de Port-Navalo. Le brassage d’eau est énorme, 400 à 200 millions de m3 par marée, selon l’alternance vives-eaux et mortes-eaux.

 

Environ 900m séparent la Pointe de Locmariaquer de Port-Navalo, ce passage étroit fait que le Golfe connaît un cycle de marée perturbé. Au flot les courants montent vers les terres alors que d’autres continuent à descendre en sens inverse générant « courants » et « contre-courants », qui s’alternent le long de zones de calme, créant tourbillons et remous.

 

Il est important de se souvenir que l’heure de la renverse à Port-Navalo est, à un poil près, l’heure des pleines et basses mers à Arradon.

 

Gare au navigateur inexpérimenté, il peut passer la Jument en effectuant quelques pas de valse, ou à « cheval » sur courant et contre-courant.

Si d’aventure, « perdant pied », il file la « pioche » les choses peuvent se gâter…Dans le meilleur des cas, elle dérape, la ligne de mouillage se rompt, le taquet lâche, sinon « Allo! 1616… », ou plus sûrement « à l’eau… »

 

Revenons à nos courants !

 

Le Golfe est classé parmi les baies fermées, c'est-à-dire celles qui ne communiquent avec la mer que par un passage étroit.

Bassin étendu, environ 115km2, ouverture étroite, 900m, font que le marnage[2] est plus faible à l’intérieur du Golfe qu’à l’extérieur.

 

Par comparaison, dans le bassin d’Arcachon, d’une superficie d’environ 160km2, possédant une ouverture de 3km, il n’est pas observé de diminution de marnage.

 

Marnage exprimé en mètres.

 

Jour

Jeudi 16

Dimanche 19

Mercredi 22

Coefficient

103

74

44

Port-Navalo

4,55

3,35

2,2

Arradon

2,55

2,50

1,6

Port Tudy (Groix)

4,6

3,35

2,05

Roscoff

8,1

6,15

3,55

Les Sables d’Olonne

4,85

3,5

2,3

        Source : L’Almanach du marin breton - Octobre 2008

 

Le Golfe d’ «avant hier » et d’aujourd’hui !

 

Carte réalisée d’après les travaux d’Evelyne Goubert[3].

 

1- l’Île aux Moines, 2 - L’Île d’Arz, 3 - Er Lanig, 4 - Gavrinis, 5 - Île Stibiden,

6 - Île de la Jument,  7 - le Grand Veizit

 

L’ancienne ligne du rivage se situait au large de Quiberon Hoëdic à, environ, moins 30 mètres au-dessous du niveau actuel.

 

Les trois principales rivières, d’Auray, Vannes, et Noyalo, confluaient au-delà de l’actuelle sortie du Golfe et s’encaissaient dans la passe de la Teignousse.

Le cours de la Vilaine passait à l’est des Cardinaux.

 

Les courants de marée empruntent les lits ennoyés par la transgression flandrienne de ces trois rivières. Sur creusés vers l’aval, ces lits présentent la déclivité d’une rivière à faible pente qui joue un rôle important sur la vitesse des courants. Ils seront plus violents dans le goulet d’entrée et seront peu à peu freinés par les îles et les hauts fonds.

 

La Jument passée, ils s’orientent vers le nord-est, se heurtent aux îles et presqu’îles et viennent mourir sur l’estran, peu profond, des côtes sud-est, à l’embouchure de la rivière de Noyalo.

 

En rivière d’Auray les courants s’atténuent fortement dans la grande zone humide au-delà de la pointe de Kérisper.

Le flot connaît des vitesses légèrement inférieures à celles du jusant car les courants de marée sont contrariés, au nord ouest de l’entrée du Golfe, par la poussée des eaux continentales de la rivière d’Auray.

 

Le tableau ci-dessous donne un ordre de grandeur des vitesses des courants, exprimées en nœuds[4].

 

 

Flot

Jusant

Au niveau du Grand Mouton

6,9

8

Au niveau des Grégan

4,8

6,4

Pte sud de Berder / Pte nord de la Jument

8,1

9,1

Sept îles/Gd Huarnic

3,8

4

        Source : Carte SHOM 7034, pour une marée de 120.

 

À noter qu’au niveau des pointes de Penhap, de Port Blanc, du Trech en Arradon, les courants peuvent atteindre les 5 nœuds.

 

Les principales directions des courants de flot.

Ces courants s’établissent progressivement, l’intensité maximale de situant, approximativement, entre H+3 et H+4, du début de flot. De nombreux contre-courants se forment au fur et à mesure de la marée. Certains peuvent être violents, ils sont une entrave ou une aide à la navigation, surtout pour les voiliers,  évidemment tout dépend de ce que l’on fait.

Ces courants et contre courants sont sciemment utilisés par les pêcheurs de dorades !

 

Les principales directions des courants de jusant.

Par une marée de coefficient 80/85, le courant de jusant à la Jument est particulièrement violent.

Cartes extraites de  l’Almanac’h du marin Breton.

 

Arradon 20 décembre 2010

 



[1] Courant qui accompagne la montée du niveau marin, le jusant accompagne la baisse.

[2] Amplitude maximale entre la haute et la basse mer.

[3] Maître de conférences à l’université de Bretagne Sud.

[4] 1 nœud  ≈ 1,852km/h

/home/aumaboul/www/data/pages/fr/les_courants.txt · Dernière modification: 2018/05/19 15:38 (modification externe)

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